Exposition CAUSE DÉPART | Béton caverne | Saint Erblon | 2019

 

LES POTEAUX DE MON POULS |  pieds terre cuite et boite  en carton


SIDÉRATION DE COMPTOIR |    bac à glaçons

LE BONHOMME DE SUCRE |  statuette de cristaux et sucre en poudre


LE SOURIRE DU SABOT |  chapeau de paille et herbe séchée


DÉRIVE PANORAMIQUE |  boules en papier mâché et gobelets

CONVERGENCE DE BOUE | feuilles de choux en terre cuite et pelle sans manche

Se gardant des modes, Babeth Rambault développe un travail singulier, attachée aux terrains qu’elle traverse dont elle relève les fragments. L’artiste pratique un art spontané, attentif dans ses processus au hasard, aux dysfonctionnements. Elle accommode les choses au sein d’arrangements ludiques et composites, mêlant entre autres, aliments, terre, éléments de construction & mobiliers, photographie & vidéo. Ses propositions infraordinaires, aux penchants tantôt rustiques ou grotesques ont des accents poétiques tels Dérive panoramique, Le sentier des travers, Les poteaux de mon poul, Le sourire du sabot ou Convergence de boue.


Du 24 mars au 20 avril est présentée à Béton Caverne1 l’exposition Cause départ.

A cette occasion paraît un recueil éponyme publié par Lendroit éditions.


Cause départ est le dernier volet des inventaires photographiques qui ponctuent la pratique de Babeth Rambault. Cultivant la mise à distance, l’artiste n’en propose pas moins la relecture d’une figure imposée de l’exposition, l’accrochage.

Soit des images glanées sur les sites de petites annonces ; prises de vues d’étagères murales photographiées à la hâte par leurs vendeurs à bout de bras, à bout de doigts parfois. Dans une approche écartant l’esprit de sérieux, on lit un éloge de l’occasion, de la seconde main essentielle dans un monde qui déborde. S’illustre à répétition le touchant sans chichi, d’ingénieuses ou malhabiles combines comme autant de ressorts comiques. Mais au delà pointe aussi notre époque ; des corps, des choses, aux prises avec la gravité, la mobilité contrainte, les vies faites d’expédients comme autant de causes possibles. Et jusqu’à l’ironie d’un renversement, le corps devient support en place de l’étagère. Dans son travail Babeth Rambault envisage la photographie comme ce qui fait tenir ensemble sculpture, poésie et désillusion comique. Via une esthétique home-made, elle cultive un goût du simple où cohabitent des éléments considérés sans qualité. Avec détachement, l’artiste compose avec l’impermanence des choses, du tellurique au ménager.


Émeric Hauchard Mercier



© photos Guillaume Pinard

SCULPTURE & COMPAGNIE l Vidéos l 2015